Project Description

Quand j’ai commencé à arpenter les Salins, 
une sensation paradoxale s’est imposée à moi presque immédiatement :
j’étais dans un espace clos, bien délimité ; une sorte de bulle de calme tout en bruissements et miroitements. Les sons du monde m’y parvenaient étouffés, atténués.
Et dans cette bulle, l’espace s’ouvrait soudain à l’infini.
Au début, mes tentatives pour saisir cette immensité ont échoué.
J’accumulais les images. Ce que je ressentais ne s’y lisait pas.
J’ai changé de façon de faire, d’outils; 
du numérique, je suis passé à l’argentique : j’ai ralenti. 
J’étais sur la bonne voie.

J’ai poussé l’expérience plus loin, le sténopé : 
une boîte percée d’un petit trou, une surface sensible, on ouvre : la lumière entre et impressionne le film.
C’est un des procédés photographiques les plus “essentiels”.
Tout comme les Salins sont aussi un espace “essentiel” : 
le sel, l’eau, la lumière (le ciel), éléments de base conditionnant la vie sur Terre.

Plus besoin finalement de placer un miroir dans l’appareil (la boîte du sténopé est vide) :  il est partout ici, gigantesque, nous renvoyant sans cesse à notre condition de petits espaces clos, délimités, contenant l’infini.

Cette série de photos rend compte de mes recherches et expériences pour tenter de saisir cette immensité intérieure, pleine de vie et de lumière.

Carte blanche dans les Salins de Hyères automne-hiver 2015-2016, exposition août 2016.